Matinale CAP DIRIGEANT :
Et si la gestion de crise était aussi (d’abord) un outil de management ?
Ce matin, Alain d’Eudeville nous a bousculés.
Avec conviction et beaucoup de pragmatisme, il a démontré pourquoi la gestion de crise reste l’un des sujets les plus sous-estimés, et pourtant les plus stratégiques, pour un dirigeant aujourd’hui.
Le point de départ est simple, presque brutal : les crises ne prennent jamais rendez-vous. Incendie, cyberattaque, accident, défaillance produit, départ brutal d’un dirigeant clé… Personne n’est à l’abri, quelle que soit la taille ou la solidité apparente de son organisation.
Et dans un monde où c’est désormais l’extérieur qui décide si vous êtes en crise, opinion publique, réseaux sociaux, médias, parfois ses propres collaborateurs smartphone en main, le temps de réaction compte autant que la qualité de la réponse elle-même.
Mais ce qui nous a le plus interpellés, c’est un renversement de perspective particulièrement puissant :
Se préparer à la crise, ce n’est pas seulement une précaution défensive. C’est un investissement managérial à part entière, avec des retours concrets sur le quotidien de l’entreprise.
Ce travail de préparation oblige à faire quelque chose de rare et finalement précieux : regarder son organisation dans les yeux. Identifier les vulnérabilités réelles, cartographier les scénarios redoutés, clarifier qui décide quoi sous pression.
Et, en faisant cela, on brise des silos, on crée des échanges entre des équipes, on découvre parfois des plans B qui auraient mérité d’être le plan A depuis longtemps. La sérénité gagnée par les équipes, la coopération renforcée, les gains de productivité identifiés : tout cela a une valeur bien réelle … indépendamment de toute crise.
Alain d’Eudeville a conclu cette matinale dense et stimulante, sur deux conditions incontournables pour que la gestion de crise prenne corps dans l’organisation :
· le droit à l’erreur reconnu et assumé dans l’entreprise,
· l’engagement du dirigeant, de façon personnelle, visible, non délégué.
Deux conditions qui révèlent, par ailleurs beaucoup de la maturité et de la culture d’une organisation.
Merci à Alain d’Eudeviville pour cette intervention qui remet en perspective notre responsabilité en tant que dirigeant et à Olivier de Clermont-Tonnerre pour l’organisation de cette matinale.


